L’art véritable, à la différence du divertissement, possède une fonction essentielle : il porte des questions existentielles qui mettent en jeu aussi bien notre sensibilité que notre capacité de réflexion. Ces questionnements s’inscrivaient autrefois au sein de valeurs partagées, souvent marquées par la religion. Ils se présentent au XXe et XXIe siècle à travers des œuvres qui inventent aussi bien leurs propres principes d’organisation que leurs formes. C’est à cette condition qu’en reflétant leur temps, y compris dans ses aspects les plus sombres, elles constituent des lieux de vérité et ouvrent à d’autres possibles.
Le répertoire si varié et si riche du XXème et du XXIème siècle n’est hélas pas encore transmis au public à l’égal des répertoires plus anciens. Est-ce pour des raisons intrinsèques ou est-ce dû au manque de responsabilité des institutions et des interprètes ? Cette musique, qui représente la conscience éthique et artistique de son époque tout en maintenant vivants les exigences et les idéaux de la grande musique du passé, a fait l’objet de mesures d’exclusion sous les régimes totalitaires au siècle précédent. Faut-il les perpétuer ? La réponse à cette question se trouve dans le projet que nous proposons au public et qui se décline sous la forme de concerts thématiques, dédiés à diverses formations de musique de chambre et donnés par des interprètes de grand talent.
Editorial
Le salon de musique
