La musique composée, insérée durant des siècles dans des contextes religieux et sociaux, est devenue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle une fin en soi ; elle a conquis son autonomie au moment où l’individu, dans l’esprit des Lumières, revendiquait la sienne.
À partir de là, les compositeurs eux-mêmes ont dû créer le contexte de leurs œuvres, les liant à la poésie, à la peinture, à la philosophie, mais aussi à des traditions populaires, aux musiques provenant d’autres civilisations, aux contes et aux mythes, voire à la politique.
Le sens n’est plus donné par un cadre existant. Cette construction d’un sens qui dépasse l’individu créateur et l’œuvre elle-même nécessite une réflexion sur le langage : c’est ce qui a amené les compositeurs, depuis le XIXe siècle, à prendre la plume pour exposer leurs idées, défendre leurs points de vue, expliquer leurs démarches.
