idée générale – réflexion, médiation, réception

La musique composée, insérée durant des siècles dans des  contextes religieux et sociaux, est devenue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle une fin en soi ; elle a conquis son autonomie au moment où l’individu, dans l’esprit des Lumières, revendiquait la sienne.
À partir de là, les compositeurs eux-mêmes ont dû créer le contexte de leurs œuvres, les liant à la poésie, à la peinture, à la philosophie, mais aussi à des traditions populaires, aux musiques provenant d’autres civilisations, aux contes et aux mythes, voire à la politique.
Le sens n’est plus donné par un cadre existant. Cette construction d’un sens qui dépasse l’individu créateur et l’œuvre elle-même nécessite une réflexion sur le langage : c’est ce qui a amené les compositeurs, depuis le XIXe siècle, à prendre la plume pour exposer leurs idées, défendre leurs points de vue, expliquer leurs démarches.

Ce qui est vrai pour Schönberg, Stravinski ou Varèse, l’était déjà pour Berlioz, Schumann et Wagner.
C’est l’une des raisons qui justifie les longues études que doivent suivre les musiciens dans leur formation professionnelle : la maîtrise de la technique n’est qu’un aspect d’une maîtrise de connaissances plus générales. Une cantate de Bach qui fait l’exégèse de textes religieux mettant en jeu des questions existentielles, une pièce de Schumann qui s’inspire d’E.T.A. Hoffmann ou met en musique un texte de Byron, les drames musicaux de Wagner qui s’inspirent de mythologies nordiques et renvoient à la réalité politique et sociale de son époque, exigent des explications, des médiations, afin de saisir ce qui s’inscrit dans les formes mêmes de la composition.



Il n’en va pas autrement de compositeurs dont la musique s’inspire de la peinture, de la poésie, de la nature, de traditions diverses et composites, et repose sur une perception du temps qui fait l’objet au même moment de réflexions philosophiques.
De même, Boulez a puisé son inspiration dans la peinture de Klee, la poésie de Mallarmé et de Char, les musiques d’Afrique et d’Extrême-Orient, la pensée phénoménologique et structuraliste, etc.
Le plaisir, dans la musique composée, est indissolublement lié à la connaissance – la connaissance de soi en premier lieu, mais aussi celle de l’ordre du monde, saisi moins par la raison que par l’expérience sensible.
C’est pourquoi nos concerts seront accompagnés de toute une série de manifestations permettant la réception la plus profonde possible des œuvres proposées.
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